Coup de gueule d’un guinéen face aux tueries lors des manifestations citoyennes des 14-15-16- octobre 2019

Depuis trois jours, je réfléchis à quoi écrire à propos de ce qui se passe dans mon pays, je n’arrive pas à trouver les mots justes pour m’exprimer, tellement, malheureusement, la Guinée s’est déshumanisée, tellement, son peuple s’est égaré.

Ceux qui tuent, Ô Dieu, châtie les, car c’est toi le juge absolu et suprême.

Ceux qui sèment la haine communautaire, nous mentent et nous abrutissent,

Ya Allah SWT rends-leur ce qu’ils méritent.

 

Nous mangeons du pain en Guinée sans savoir si le boulanger est Peuhl ou Malinké,

Nous consommons des boissons sans savoir si l’importateur est Soussou ou Kissi,

Nous montons dans les transports en commun sans chercher à savoir l’identité du chauffeur,

Nous prions à la mosquée ou à l’église nous prions ensemble, on se fait de la place sans tenir compte de nos origines ethniques…

C’est cette Guinée qu’il nous faut jalousement préserver.

Mes quelques amis qui ont cédé au repli identitaire, au vu de la situation dramatique que nous vivons, je comprends votre légitime frustration, mais pensez à nous autres, avec qui vous avez tissé plusieurs années de fraternité, à vous lire, j’ai peur, je crains, j’ai mal de savoir que je suis en train de perdre des frères et sœurs juste parce que je ne suis pas du même groupe ethnique qu’eux, un choix de Dieu qui n’a pas tenu compte de nos avis.

Soyez forts, gardons les pieds sur terre et traversons ensemble ce moment affligeant et difficile.

Le gros problème en Guinée est que l’histoire n’a jamais jugé personne, cela fait que personne ne s’inquiète de ce qu’il adviendra, les uns et autres se moquent du futur! Alors qu’Allah, l’omniscient et le très haut, juge tout un chacun.

Notre société et nous qui la constituons, sommes malades.

Remettons-nous en cause afin de sortir de cette situation que nous sommes les seuls à avoir orchestré.

La Guinée nous a tout offert, ayons la dignité et la gratitude de ne pas la détruire.

Face à une situation explosive où les nerfs sont à fleur de peau, se taire, c’est aussi contribuer à apaiser, je n’en pouvais plus…..

 

Un guinéen qui en a MARRE.

 

 

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