DÉCRYPTAGE D’UN DISCOURS PRÉSIDENTIEL AMBIGU

Hier soir, à 20h00 GMT précisément, le chef de L’État guinéen Mr. Alpha Condé s’était adressé au peuple via la radio télévision de Guinée (RTG). Cependant, bon nombre de Guinéen.ne.s disent n’avoir pas compris le message qui leur a été adressé par le chef de l’État.

En effet, je vais essayer de décrypter en mettant en exergue les points focaux de ce fameux discours afin de faciliter sa compréhension à ces Guinéen.ne.s qui se sentent perdu.e.s.

Le décryptage du discours :

À l’entame de son discours, Mr Alpha Condé indique que depuis son élection (en 2010), il n’a qu’une seule et unique préoccupation, et celle-ci est : l’intérêt de la Guinée et des Guinéens (intérêt général).

Dans la même lancée, il dit avoir lutté « pour une Guinée indépendante, juste et solidaire où chaque citoyen peut s’épanouir dans un environnement de paix, de sécurité et de respect de ses droits fondamentaux et où les droits de chacun vont avec ses devoirs vis-à-vis de la société. ».

Ensuite, il rappelle les difficultés des premières années de son mandat qui, malgré tout, il aurait pris des décisions s’inscrivant dans l’intérêt général. Dans la foulée, il évoque ce qu’il estime être des exploits de sa gouvernance – une espèce de bilan.

Parmi ces exploits, il cite : «  la réforme des forces de défense et de sécurité, la lutte contre l’épidémie Ebola, l’amélioration du système de santé, le développement des secteurs des mines, de l’énergie, de l’agriculture, et une série de réformes structurelles et institutionnelles ».

Par ailleurs, le chef de l’État indique que la Guinée est sur la bonne voie. Et que cela est certifié par les observateurs suivants: le FMI, la BM, l’AFD, la BAD, la BID.

Selon lui, la Guinée a retrouvé sa force et sa fierté. Et qu’elle est désormais écoutée en Afrique et dans le monde. Alors, le chef de l’État mentionne la nécessité que les richesses du pays profitent à l’ensemble des Guinéen.ne.s.

En effet, la répartition des richesses s’est matérialisée par la réalisation des projets (énergétique, agricole, minéral) et plus récemment, via le soutien des collectivités locales par le biais de l’Agence nationale du financement des collectivités locales (ANAFIC). Il a ainsi instruit au Premier ministre et au Gouvernement à accentuer les efforts dans cette direction afin de réduire la pauvreté et les inégalités, et garantir la justice sociale.

Ainsi, il a adressé un message de confiance à la jeunesse en lui signifiant que son avenir se trouve en Guinée.

Il a par ailleurs, rappelé son engagement de jeunesse (militantisme) pour une Afrique libérée, et pour la dignité et la fierté de ses peuples. Cependant, il a indiqué que « malgré les efforts consentis et toutes les victoires remportées, l’Afrique ne jouit pas encore de sa souveraineté pleine et entière. Les peuples africains aspirent toujours à l’égalité avec les autres, revendiquent leurs identités et leurs spécificités propres. ».

Il a également souligné en faisant allusion aux contestations, que les combats doivent être menés de façon pacifique, et que « personne n’a le pouvoir ou le droit de se substituer au peuple et ne dispose de toute l’autorité pour parler, agir, décider en son nom et à sa place. »

Plus loin, il indique que : « les droits de notre peuple sont inaliénables comme la liberté de chacun d’entre nous est sacrée.». Il dit avoir « écouté son peuple et a été en phase de lui [peuple] durant toute sa vie, tout le long de son histoire personnelle et de son parcours. »

C’est ainsi qu’il a souligné dans un des passages de son discours qu’il est encore convaincu qu’au moment où les peuples décident d’écrire leur histoire en prenant en main leur destin, il [peuple] « a toujours raison et que nul ne peut aller à l’encontre de sa volonté et de ses aspirations profondes. »

Par ailleurs, il invite le peuple à exprimer ses choix via les élections.

En effet, il engage le Premier ministre et le Gouvernent à « soutenir et à accompagner la CENI et les acteurs électoraux afin de créer les meilleures conditions de préparation et d’organisation des scrutins attendus dans notre pays. »

Il dit, je cite : « la Guinée n’est plus la même avec l’éveil des consciences et de toutes les mutations intervenues dans la société. Il est légitime alors que chacun se demande où on va, comment aborder les enjeux et défis des temps nouveaux. C’est pourquoi, je comprends le débat en cours dans le pays sur tous les sujets y compris la Constitution. Mais, comme je l’ai dit auparavant, il ne m’appartient pas de trancher ou de choisir à la place des Guinéens. Avant toute prise de décision personnelle, j’ai le devoir d’écouter tout le monde. Pour ce faire, j’instruis le Premier ministre, chef du Gouvernement d’initier des consultations avec les institutions de la République, les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile pour recueillir les avis des uns et des autres dans un échange ouvert sur les différentes questions pour que le débat porte sur les arguments et recommandations. Tout sujet peut être discuté en démocratie. ».

Tout de même, il dit être obligé d’écouter en tant que premier Magistrat du pays garant des libertés publiques et des droits fondamentaux pour que toutes les idées et opinions s’expriment en toute liberté, mais avec responsabilité.

Ainsi, il exhorte chacun à exercer ses droits dans le respect de ceux des autres.

En même temps, il appelle à l’union face à l’avenir commun et à l’engagement pour la paix sociale et à l’unité nationale.

D’ailleurs, il rappelle l’attachement des Guinéen.ne.s à la paix.

Pour terminer, il apporte toute sa confiance et tout son soutien à son Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana à propos de l’initiative de consultation qu’il lui a demandée d’engager.

 

le 05 septembre 2019

#Rafioubah

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