Prendre de la hauteur….

 

Le débat qui fait rage actuellement dans les médias et sur les réseaux sociaux, malgré son apparence JURIDIQUE , n’est pas un débat JURIDIQUE mais un débat POLITIQUE.

Il s’agit de savoir si OUI ou NON le président de la République a le droit de briguer un troisième mandat. Et le droit ( tout comme les juristes contributeurs d’ailleurs ), intervient à cet unique dessein. C’est de la politique habillée en toge, en tenue de droit.

Car un débat constitutionnel, de par son importance, mérite un contexte plus serein et plus de hauteur.

Eu égard à l’importance de la question, l’initiateur d’un débat constitutionnel doit être totalement désintéresse, du moins il ne doit rien avoir à y gagner directement et personnellement. C’est un débat d’intérêt général qui doit porter uniquement sur l’intérêt supérieur de la Guinée, et non sur le maintien ou non d’un homme, puisque que c’est de cela qu’il s’agit dans les prises de tête actuelles, et de cela seulement.

 

Par conséquent, à un débat politique de ce type, ce n’est pas à la CONSTITUTION de trancher mais à l’ESPRIT de la constitution, l’esprit des lois, qui lui est politique et même sociétal.

Car, dès lors que les intentions qui se cachent derrière l’idée d’un changement constitutionnel sont connues, et qu’elles s’avèrent politiques, nous devons leur opposer l’esprit de la constitution, qui est qu’il faut une limitation au nombre de mandat et même un verrouillage de cette disposition, pour favoriser l’alternance démocratique et pacifique. Le temps pour la Guinée et les Guinéens d’adopter la CULTURE de l’alternance démocratique.

L’idée de ce verrouillage n’est pas fortuite, elle tire sa source dans l’histoire politique de notre pays, avec les crises politiques cycliques que nous avons connues, marquées par l’alternance entre gouvernance civile et militaire causée par les pouvoirs à vie. La mort du président ne peut plus être le seul vecteur d’une alternance politique, le peuple doit avoir le choix de son président et non le subir par un évènement imprévisible, irrésistible et extérieur. Ce n’est pas à la force majeure de nous imposer nos présidents, cela doit découler de notre volonté.

C’est donc cette idée que nous devons défendre bec et ongle pour qu’elle soit définitivement gravée dans le marbre, et faire de l’alternance un acquis démocratique en Guinée, comme au Bénin, au Sénégal, au Mali, en Sierra Leone, au Liberia…. Parce qu’il suffit d’une fois, d’un précédent pour inverser la dynamique démocratique.

 

Toutefois , le président peut encore sauver ce débat et en faire un tournant majeur de l’histoire de notre jeune nation, en écartant purement et simplement la possibilité pour lui de se présenter pour un troisième mandat . En prenant tout simplement de la hauteur. Il décrisperait ce débat et permettrait par la même occasion au peuple de Guinée d’avoir un véritable débat de société. C’est une occasion unique, dans un moment où le doute gagne les Guinéens sur notre capacité à être une nation, à faire nation pour faire face aux enjeux et aux défis d’un monde instable. Il nous donnerait l’occasion d’avoir le débat de société que nous n’avons finalement jamais eu. 60 ans après l’indépendance de la Guinée, notre nation entrerait dans une nouvelle phase de sa construction.

Pour le président, ce serait l’occasion d’une sortie par la grande porte et par conséquent une entrée de plain-pied dans L’HISTOIRE… Après près de 50 ans de présence active dans l’histoire politique de la Guinée.

Relevez le niveau de ce débat, monsieur le président, en prononçant la phrase magique

 » Je ne suis pas candidat à un autre mandat ».

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